Pour ne pas parler de sexe, la droite glisse dans la violence

Agressions homophobes, outrances verbales, violences à l’Assemblée, … Après avoir donné un tour passionnel à son combat contre le mariage pour tous, voilà que l’opposition rentre dans le domaine dangereux des pulsions.
De quoi parle-t-on, depuis que l’on parle de mariage pour tous ? De deux choses, essentiellement. De normes sociales et de normes sexuelles.
Tant que les homosexuels n’avaient pas droit au mariage, ils et elles pouvaient être reléguées dans la subversion. Tout au moins dans l’esprit de celles et ceux qui considèrent que l’homosexualité reste une anormalité. Le PACS était à leur yeux un sous-contrat. Ça tombe bien, pour beaucoup d’entre eux, les homosexuels sont du registre d’une sous-humanité.
L’ouverture du mariage, acte civil, contrat juridique, les placent dans une norme acceptée. Et c’est là que tout coince. L’opposition à l’ouverture de cette norme sociale fait remonter au grand jour son origine même : le refus d’accepter socialement la liberté de choix sexuel*.
C’est dans ce nœud, psychanalytique, celui du sexe, que réside l’explication de la majeure partie des violences homophobes auxquelles nous assistons. Il ne s’agit pas de morale, ni d’enfants à protéger, non. Il s’agit de sexe. De peur du sexe. De peur de la liberté sexuelle. Cette peur refoulée, qui remonte en pulsions. Violentes. Et c’est précisément pour ne pas avoir à parler de sexe que cette droite glisse dans la violence.
C’est sur ce terreau de l’inconscient que les principaux dirigeants de la droite parlementaire ont construit leur mobilisation, épaulés par une passionaria catholique improbable, bouffonne mais efficace.
C’est sur cette “terre de la folie” que les extrêmes droites et les catholiques traditionalistes croient pouvoir rejouer la crise politique des années 30.
Ils attisent une autre version de la partition qu’ils jouent depuis des décennies. De la peur de l’autre, de l’étranger, leur rhétorique de guerre glisse vers la peur du même. L’homophobe a d’abord peur de lui-même. De ce que tous les appels à la tradition et à la peur refoule au fond de lui. Et dans cette haine de l’autre, c’est d’abord la haine de soi qui s’exprime.
Face à ce cocktail explosif de cynisme, de violence et de refoulement, il y a urgence à répondre par le nombre, et par une mobilisation massive. C’est encore une fois toutes nos libertés que nous défendons en luttant pour l’égalité du mariage et la liberté de choix sexuel. Et je serai sur la place de la Comédie à 19 heures le 23 avril, pour célébrer avec de très nombreux montpelliérains le vote solennel de la loi.
Mais tout notre amour (de l’autre, et pas seulement de soi), et toute notre fraternité ne suffiront pas. Il nous faudra, aussi, oser parler de sexe.
Il n’est pas anodin, à cet égard, que l’une des principales associations organisatrices des manifestations réactionnaires (l’association des familles catholiques) soit également initiatrice d’une pétition contre l’éducation sexuelle à l’école. Il faut, d’urgence, développer les soutiens publics, à tous les niveaux, pour des associations comme le Planning Familial. Et refonder une véritable éducation sexuelle, dont l’inanité n’a jamais été aussi criante dans ce pays.

 

 

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“Vous êtes haine, nous sommes amour”. EELV répond à Civitas, dimanche 21 avril. Photo @R0deric

 

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